Fermeture du containerpark de Ganshoren : quelles conséquences pour les habitants ?
En juillet 2026, Ganshoren mettra fin à son service municipal de collecte des déchets encombrants, une des dernières communes bruxelloises à fermer son containerpark. Entre optimisation budgétaire, réorganisation régionale et inquiétudes locales, cette décision soulève des questions sur l’accès au service, la propreté urbaine et l’équité territoriale.
La décision municipale et ses motivations
Concrètement, le containerpark de Ganshoren, ouvert aujourd’hui deux jours par semaine sur rendez-vous, fermera définitivement ses portes le 1er juillet 2026. Selon la bourgmestre et conseillère communale Karima Souiss (PS), cette mesure s’inscrit dans le cadre du Globale Openbare Netheidsplan (Plan global de propreté publique), qui vise à « un meilleur usage des ressources et un accès plus efficient aux services de propreté ». La fermeture doit permettre de redéployer le personnel, notamment pour renforcer le vidage des poubelles en fin de semaine. Le gain espéré est double : réduire les coûts d’exploitation d’une infrastructure peu fréquentée et mutualiser les effectifs au service de la propreté urbaine.
Pour la commune, l’enjeu financier n’est pas négligeable. Les frais de maintenance, de sécurité et de gestion des rendez-vous ont tendance à augmenter, alors que la fréquentation reste limitée. En période de contraintes budgétaires, Ganshoren fait le pari qu’une partie de cette dépense soit absorbée par Net Brussel, l’opérateur régional chargé de la collecte, et par les containerparks mobiles. Ainsi, la fermeture s’inscrit dans une logique de centralisation et de mutualisation des services publics de gestion des déchets à l’échelle bruxelloise.
Un contexte régional de réorganisation des déchets
Au fil des années, plusieurs communes bruxelloises ont déjà opté pour la fermeture de leur containerpark, invoquant des raisons budgétaires, des difficultés de maintenance ou la nécessité de rationaliser les moyens humains. Ganshoren, qui compte environ 25 000 habitants, était l’une des dernières à maintenir un service direct de collecte municipale. Aujourd’hui, le schéma s’oriente vers une coordination plus forte entre les communes et Net Brussel, avec pour objectif une uniformisation de l’offre.
En pratique, Net Brussel propose différentes modalités : collecte à domicile des encombrants, containerparks mobiles et grands centres fixes dans certaines communes. Les municipalités qui ferment leur infrastructure locale misent sur ces solutions pour garantir la continuité du service. Pour l’heure, Jette ouvre un nouveau Recypark en 2028, tandis que Bruxelles-Propreté joue un rôle accru dans la vidange des conteneurs de rue. Cet ajustement vise aussi à lutter contre les dépôts sauvages, en facilitant l’accès à des points de collecte mieux répartis sur le territoire régional.
Alternatives proposées et limites pratiques
La commune présente trois alternatives principales pour compenser la disparition du containerpark : une collecte à domicile annuelle de 3 m³ de gros déchets, deux (voire trois) campagnes de containerparks mobiles par an, et l’ouverture du futur Recypark de Jette en 2028. Cependant, ces mesures suscitent plusieurs réserves.
D’abord, la collecte à domicile, limitée à une fréquence annuelle et à un volume de 3 m³, risque d’être insuffisante pour des rénovations ou des travaux de grande ampleur. Ensuite, les containerparks mobiles, bien que plus flexibles, ne se déplacent que quelques jours par campagne, ce qui peut poser problème en cas de pic de demande. Enfin, l’infrastructure de Jette, située en périphérie de Ganshoren, pourrait s’avérer moins accessible pour les personnes sans véhicule ou à mobilité réduite.
Inquiétudes des usagers et risques de dépôts sauvages
Pour les riverains, la fermeture du containerpark est synonyme de perte de proximité. De nombreux ménages, notamment les personnes âgées et les petits artisans, craignent de voir leur quotidien compliqué. En l’absence de solution vraiment équivalente, certains redoutent une augmentation des dépôts sauvages, comme observé dans d’autres communes après fermeture de leurs points de collecte locaux.
De plus, la période de transition de six mois entre l’annonce et la fermeture relève pour beaucoup d’une fenêtre trop courte. Les associations de quartier et quelques commerçants en rénovation regrettent de ne pas avoir été davantage consultés. Dans ce contexte, la transparence de la commune sur le calendrier et les modalités de communication aux habitants non-francophones ou peu connectés apparaît essentielle pour limiter les incompréhensions et les tensions.
Perspectives et enjeux pour l’avenir de la propreté urbaine
À terme, la fermeture du containerpark de Ganshoren interroge l’équité territoriale au sein de la région bruxelloise. Alors que certaines communes conservent encore un service direct, d’autres misent entièrement sur des structures régionales. Cette disparité alimente un débat sur la justice sociale dans l’accès aux services publics locaux.
Pour les décideurs, l’enjeu est de prouver que la centralisation et la mutualisation ne se font pas au détriment des usagers. Les indicateurs de suivi porteront sur le taux de dépôts sauvages, la satisfaction des habitants et l’équilibre budgétaire. En cas de saturation des solutions alternatives, la commune devra prévoir un plan B, éventuellement un renforcement des campagnes mobiles ou un partenariat anticipé avec des centres voisins.
En définitive, la réussite de cette transition dépendra de l’efficacité réelle des alternatives régionales, de la qualité de l’information aux citoyens et de la capacité des autorités à adapter leur dispositif en temps réel. La fermeture du containerpark de Ganshoren constitue un cas emblématique de la recomposition des services publics à Bruxelles, où l’équilibre entre économie, propreté et inclusion des habitants demeure fragile.

0 Comments